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Christian Robert-Tissot (CH), DIMANCHE, 2012, Fonds d’art contemporain de la ville de Genève, @ Genève Contemporaine

Avec le projet Neon Parallax, entreprit en 2006, les Fonds d’art contemporain de la ville et du canton de Genève ont mené à bien un projet d’art public inhabituel et particulier.

L’originalité de cette installation réside dans le fait que pour pouvoir l’apprécier, il nous faut attendre la tombée de la nuit. Loin du sol et d’un espace déjà saturé, Neon Parallax s’élève sur les toits et se mêle aux enseignes publicitaires et aux cheminées. Le projet propose neuf installations lumineuses réparties le long du périmètre de la Plaine de Plainpalais, chacune réalisée par un artiste différent. L’espace public accentue sa qualité d’espace commun en mêlant artistes locaux comme Sylvie Fleury à des artistes internationaux comme Sislej Xhafa. Différents regards interviennent ainsi dans le paysage urbain, créant un décor singulier et hétéroclite.

DIMANCHE de Christian Robert-Tissot (CH)

Placé au dessus d’une banque, le mot Dimanche se retrouve complètement hors contexte. Le dimanche, nous sommes au repos, nous avons du temps libre. C’est le jour du far niente absolu. Alors que fait ce Dimanche au milieu des enseignes lumineuses qui nous sollicitent, nous poussent à l’action, à la consommation, à l’évocation d’idées bien précises? Rien. Dimanche ne fait rien, il est hors sujet. Il incarne, dans le calme de la nuit, une pause, une respiration, un retour sur soi.

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Christian Jankowski (D), What I still have to take care off, 2008, Fonds d’art contemporain de la ville de Genève, @ Genève Contemporaine

What I still have to take care off de Christian Jankowski

Une note personnelle écrite sur un coin de table se retrouve propulsée au sommet d’un immeuble aux yeux de tous. Christian Jankowski s’interrogeait pour lui-même, à un moment donné, sur un sujet bien précis : Dois-je encore dépensé de l’argent? Une question qui se retrouve au sommet, dans une ville peuplée par les banques: la symbolique est forte, mais les sens sont multiples. Est-ce une alerte? Un conseil? Une attitude à adopter? Chacun répond pour lui-même. Christian Jankowski propose un aller-retour savant, de la sphère intime et privée, à la monumentalisation et présentation publique d’une question. Chacun se l’approprie et poursuit son chemin en gardant au fond de lui sa propre réponse. Sa petite note personnelle.

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Nic Hess (CH), Fly a dragon kite, 2009, Fonds d’art contemporain de la ville de Genève, @ Genève Contemporaine

Fly a dragon kite de Nic Hess

L’oeuvre de Nic Hess est composé de formes, des formes qui s’enchaînent et qui finissent par dessiner un cerf-volant. Les formes sont un écho à la plaine, à des diamants biaisés, à l’art de l’origami. On joue, on plie et on déplie. Les couleurs changent au fil du temps. La vie est un jeu. L’oeuvre invite à l’imagination, au rêve, et nous révèle notre âme d’enfant.

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Dominique Gonzalez-Foerster (F), Expodrome, 2008, Fonds d’art contemporain de la ville de Genève, @ Genève Contemporaine

Expodrome de Dominique Gonzales-Foerster

Si le mot Expodrome existait, il désignerait un lieu entièrement consacré à l’exposition. Ici, Dominique Gonzales-Foerster décide de qualifier un quartier tout entier en le présentant comme une pure et simple exposition, mais qui serait en mouvement, où chaque élément, les rues, le trafic, les fenêtres, les bars, les lumières ne réussirait jamais à trouver de place définitive. L’artiste nous invite à venir visiter cette exposition permanente, en constante modification, incontrôlable, où chaque action a un sens, où chaque couleur a un pourquoi.

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Sylvie Fleury (CH), Yes to all, 2007, Fonds d’art contemporain de la ville de Genève, @ Genève Contemporaine

Yes to all de Sylvie Fleury (CH)

Avec son YES TO ALL écrit en lettres capitales rose bonbon, Sylvie Fleury critique une fois de plus le monde de consommation dans lequel nous vivons. L’intervention rivalise avec toutes les autres enseignes publicitaires qui parcourent les toits de la ville. Qu’est-ce qu’il se passerait si on disait oui à tout? Au delà du positivisme permanent et des lumières bling bling, l’inscription crée un effet de miroir qui propose un contraire, une réaction à un décor urbain qui sollicite constamment nos désirs et nos envies.

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Ann Veronica Janssen, L’ODRRE N’A PAS D’IPMROTNCAE, 2012, Fonds d’art contemporain de la ville de Genève, @ Genève Contemporaine

L’ODRRE N’A PAS D’IPMROTNCAE de Ann Veronica Janssen

Ann Veronica Janssen démontre ici une théorie loufoque qui affirme le fait que si on ne change pas la première et la dernière lettre d’un mot, l’ordre du reste des lettres n’a pas d’importance. La phrase tridimensionnelle appelle le regard. Quelque chose cloche, et le cerveau cherche à comprendre pourquoi. L’ordre n’a pas d’importance et le contenu ne peut être dissocié de son contenant.

Jérôme Leuba (CH), Breath, 2007, Fonds d’art contemporain de la ville de Genève, @ Genève Contemporaine

Breath de Jérôme Leuba

Breath est une ligne, une ligne de plus dans le paysage urbain qui vient se poser sur un immeuble ordinaire, comme il y en a des milliers à Genève. Jérôme Leuba ne tient pas à ce que son oeuvre soit considérée comme telle. La journée, elle se fond dans le décor, en revanche, à la tombée de la nuit, elle commence une lente respiration, en s’éteignant et se rallumant progressivement. Elle se mêle au rythme de la ville, vit et évolue comme les habitants, sans que l’on puisse la définir ou la figer.

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Sislej Xhafa (Kosovo), Axis of silence, 2009, Fonds d’art contemporain de la ville de Genève, @ Genève Contemporaine

Axis of silence de Sislej Xhafa

L’oeuvre de Sislej Xhafa est la seule figurative du projet Neon Parallax. Les deux grands yeux d’Axis of silence nous regardent et nous surveillent. Mais ils sont aussi une invitation à mieux voir. Les deux yeux brillants détonnent au milieu des enseignes. Ils portent un nouveau regard sur le paysage urbain et valorisent ainsi les autres interventions du projet.

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Pierre Bismuth (F), Coming soon!, 2012, Fonds d’art contemporain de la ville de Genève, @ Genève Contemporaine

Coming Soon! de Pierre Bismuth

Avec Coming Soon!, Pierre Bismuth nous fait une promesse au dessus des toits. Dans un futur proche, quelque chose va arriver, mais nous ignorons de quoi il s’agit. Le futur proche est sur le devant de la scène et notre société voue un véritable culte à la nouveauté. Mais qu’est-ce qui arrive bientôt? Mais au fond de nous, qu’est-ce que nous aimerions voir arriver? Pierre Bismuth nous fait la promesse d’un changement complètement illusoire, en écho aux slogans qui peuplent les magazines, les publicités et les discours politiques.

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