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Vue d’exposition ©Armin Linke, Centre de la Photographie, Genève, 2017

Pour la première fois en Suisse, le Centre de la Photographie de Genève accueille une exposition personnelle d’Armin Linke.

D’origine germano-italienne, Armin Linke vit et travaille à Milan. Ces dernières années, le photographe se consacre à un véritable travail d’archiviste. Il s’applique à capturer notre monde, son usine et ses décors : des piles de bouteilles d’eau minérale entassées dans une pièce, un stade vide, les vitrines d’un musée, une imprimerie de billets euros, une prairie déserte, un homme portant une sculpture en terre… Dans l’espace du Centre de la Photographie de Genève, les photographies s’enchaînent. Face à face et/ou côte à côte, fixées sur des panneaux inclinés, les images rebondissent les unes après les autres et se répondent entre elles.

Armin Linke rassemble notre époque. L’artiste cherche à représenter ce monde globalisé qui est le notre, en nous montrant aussi ses coulisses, ce qui ne nous est pas donné à voir : des pièces secrètes, des salles de réunions et des laboratoires. Par ses photographies, nous nous retrouvons face à un monde complexe, où les narrations se multiplient. Cet aspect est accentué par une vision collectiviste.

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Vue d’exposition ©Armin Linke, Centre de la Photographie, Genève, 2017

En effet, toute l’exposition a été conçue comme un projet à plusieurs mains, un véritable travail d’équipe revendiqué par l’artiste. Plus d’une douzaine de personnes ont été impliquées, du spécialiste du son au graphiste, en passant par l’architecte. Mais surtout, Armin Linke a fait appel à plusieurs théoriciens. Comme par exemple, Bruno Latour, anthropologue et professeur à Science Po à Paris, avec qui il travaille depuis quelques temps maintenant sur la thématique de l’Antropocène. Les experts ont tous du choisir quelques photographies parmi la montagne d’images prises par le photographe (près d’un demi-million). Ils ont ensuite été invités à commenter leurs choix, à donner leurs propres narrations. Leurs voix nous accompagnent au fil de la visite, sortant de petits haut-parleurs sur pied, placés à côté des panneaux. Les textes des théoriciens ont aussi été imprimés sur un fascicule à emporter. Le projet d’Armin Linke démontre que les histoires et les versions possibles sont nombreuses. L’archive reste vivante, sans être figée dans le temps. Rien est imposé et tout peut être raconté autrement.

L’artiste insiste sur le fait que l’exposition n’est qu’un fragment de son travail. Sélectionnées et matérialisées dans l’espace d’exposition, les images d’Armin Linke représentent un témoignage fort et concret. Loin de la multitude de représentations qui défile sur Internet et nos réseaux, trouble et éphémère, sans garantie de pérennité.

Armin Linke, The appearance of that which cannot be seen, L’apparence de ce qui ne peut être vu
Centre de la photographie de Genève
24 rue des Bains
Exposition jusqu’au 1er novembre 2017

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Vue d’exposition ©Armin Linke, Centre de la Photographie, Genève, 2017

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